Mégane Dumont est ergothérapeute au sein du Service Rétablissement de l’ALHPI sur le site de Sassenage en Isère.

Très tôt, elle a pris la mesure de l’importance d’une évaluation des forces et ressources des personnes accompagnées et travaillé sur des approches pluridisciplinaires qui permettent aux équipes d’accompagner les personnes présentant un trouble de la schizophrénie vers le rétablissement, dans toutes ses composantes, cliniques, sociales et fonctionnelles.

Mégane a ainsi remporté le prix du meilleur poster pour sa communication dans le cadre de la première Journée de NeuroPSYchologie en PSYchiatrie organisée par le CRMR GénoPsy et le Centre ressource en réhabilitation psychosociale et remédiation cognitive, avec le soutien du pôle hospitalo-universitaire ADIS et de l’AFRC.

Cette communication issue de son mémoire de fin d’étude portait en effet sur la complémentarité des évaluations neuropsychologiques et ergothérapiques des troubles cognitifs, en contexte de schizophrénie. Mégane y mettait en évidence la richesse d’un double regard, théorique et pratique, et la façon dont les modalités spécifiques de ces évaluations leur confèrent une puissance d’analyse, mais aussi des limites, qui justifient qu’elles gagnent à être proposées conjointement.

A l’occasion de ce prix, nous avons voulu aller à la rencontre de Mégane afin qu’elle nous présente ses missions dans le cadre du Service Rétablissement qui constitue aujourd’hui son terrain d’exercice professionnel et comment ce travail de partenariat interprofessionnel est très présent dans son exercice quotidien.

Comment ce travail de recherche s’intègre-t-il à votre pratique professionnelle aujourd’hui ?

Comme illustré sur le poster, mon mémoire de fin d’études m’a permis de mettre en évidence le fait que les évaluations des ergothérapeutes et des neuropsychologues s’enrichissaient l’une et l’autre et ce, d’autant plus que la collaboration entre les professionnels était étroite. De son côté, Marianne Berger-By, ma collègue neuropsychologue, avait le souhait de compléter les bilans qu’elle réalisait au sein de son bureau par une mise en situation écologique, ce qui correspondait également au projet de service qu’avait imaginé l’ALHPI pour le socle d’évaluations de début d’accompagnement. Je me suis donc naturellement greffée à ce projet d’évaluation conjointe dès mon arrivée au Service Rétablissement.

Quels étaient les objectifs principaux de cette évaluation conjointe ?

Nos regards sont complémentaires : ma collègue neuropsychologue s’intéresse au fonctionnement cognitif de la personne tandis que, de ma place d’ergothérapeute, ma pratique est centrée sur « l’occupation ». En d’autres termes, mon travail porte sur l’ensemble des activités de travail, de loisir et de vie quotidienne qui ont une valeur personnelle et/ou socio-culturelle pour la personne. Ainsi, l’objectif principal de l’évaluation conjointe est d’observer le retentissement des capacités cognitives de l’usager sur sa performance occupationnelle, c’est-à-dire sur la façon dont la personne réalise une activité au sein d’un environnement déterminé. En effet, les tâches de la mise en situation écologique ont été pensées dans l’objectif de mobiliser différentes fonctions cognitives.

En quoi le dispositif SAMSAH constitue-t-il un écrin favorable à cette démarche ?

En tant que SAMSAH, nous intervenons directement sur le lieu de vie de la personne, ce qui encourage une approche écologique comme la nôtre. Les mises en situation nous permettent d’appréhender au mieux le profil cognitif et occupationnel de la personne pour ensuite la soutenir dans l’accès et l’adaptation au logement autonome et, de ce fait, favoriser l’inclusion dans son environnement.

Quels premiers enseignements tirez-vous de la mise en œuvre de ce dispositif d’évaluation ?

Cette méthode d’évaluation tend à s’améliorer au fur et à mesure des expériences et des retours des usagers. Le plus souvent, nous essayons de réaliser une restitution commune pour le bilan neuropsychologique et la mise en situation écologique afin de croiser les résultats des deux comptes rendus. Ce moment est généralement très riche et permet aux personnes de mieux se saisir des éléments qui ressortent de l’une ou l’autre évaluation. Ainsi, ce temps de restitution offre à l’usager une meilleure connaissance de soi et, par conséquent, favorise son autodétermination.

Comment, selon vous, les valeurs du rétablissement sont-elles sensibles dans cette démarche ?

En complément du bilan neuropsychologique et des évaluations des autres professionnels du Service Rétablissement, la mise en situation écologique nous permet de mieux connaître la personne afin d’individualiser son accompagnement et de la soutenir au mieux dans son parcours de rétablissement. De plus, en mettant en évidence les ressources de la personne en situation réelle, nous favorisons une approche par les forces. Enfin, comme évoqué plus haut, le temps de restitution est un moment privilégié qui place l’usager au cœur de la démarche.

Découvrir le travail de Mégane DUMONT :

Interview de Mégane DUMONT, Ergothérapeute DE, Service rétablissement de l’ALHPI, site de Sassenage,

réalisée dans le cadre de la Mission d’appui SAMSAH rétablissement, mars 2021

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