Cette semaine, les participants ont été invités à créer autour de ces thématiques :

Thématique actualité : Si les fermetures des lieux culturels se maintiennent, que dirait la fourmi à une cigale du futur ?
Thématique évasion : Partagez avec nous nous un film ou une série que vous aimez revoir et qui vous fait du bien.
Thématique WTF : Dans votre boîte aux lettres, une enveloppe sur laquelle il y a écrit je t’aime a été déposée. Livrez nous son contenu.
Thématique radio : Quels sons, bruits ou chuchotements aimeriez-vous écouter ?
Participation libre : Chaque semaine, il est toujours possible de faire une participation libre, qui ne rentre dans aucune de ces thématiques !

Découvrez leurs participations !

Le Pélican, Vincent Riot-Sarcey

“J’ai toujours rêvé d’être un gangster”, Yuma

Un film qui me fait un bien fou, qui inspire l’autodérision, la tendresse. Un film qui est plus la suite de petites nouvelles, en noir et blanc. Empli d’humanité, de poésie, d’humour. Réalisé en 2007 par Samuel Benchetrit, ces nouvelles se relient et chacune d’elles aborde un thème existentiel sous la forme d’une histoire douce et rigolote. La solitude, le sens, l’amour, la mort se rejoignent sous un regard bienveillant, compréhensif envers notre nature et nos fragilités. J’ai l’impression d’être ce présentateur aux cheveux blancs qui précédait tout film au cinéma, présentant son opéra comme un truc passionnant « époustouflant/singulier/fondateur… ».

Loin du chef d’œuvre hollywoodien, c’est un bijou d’humilité, de simplicité. C’est l’un des rares films que je peux regarder encore et encore en y trouvant toujours un trait, une lumière, un moyen « thérapeutique » d’accepter l’absurde.

Tous les bateaux, tous les soleils, Vincent Riot-Sarcey

Tout d’abord il y aurait le bruit du vent dans les haubans, puis le son des sifflets des navires et le son des cornes de brume. Ensuite on entendrait les mouettes et les goélands puis le claquement des vagues sur les rochers. Le soleil nimberait nos corps de lumière et des fleurs par milliers formeraient d’immense farandole odorante dans le ciel.

A écouter pour accompagner le texte :

MICHEL POLNAREFF. ” Tous les bateaux.. tous les oiseaux … “
par Norbert MOLLIGNIER
https://www.youtube.com/watch?v=gUQgLLQcmNk

Les sons de la radio, MFB

Hervé CRISTIANI , « il est libre max »

car grâce à confiture maison, nous avons gagné la liberté d’expression, et, nous sommes devenus heureux grâce aux bibliothèques vivantes.
TCHAIKAUSKI, « le lac des cygnes »

C’est tellement beau. Nous sommes un peu des cygnes quelquefois lorsque la maladie mentale est un peu trop présente et nous transforme.
SAINT PREUX, « concerto pour une voix » pour dire la beauté de la vie, de la voix, de notre voie, de notre chemin fait ensemble.

Deux filles dans mon lit, Vincent Riot-Sarcey

J’aime…, MFB

J’aime ton visage, ton joli ton sourire, tes longs cheveux,

J’aime le samedi, les jours de marché, où je sais que je vais te croiser à 10H30,

J’aime te voir avec toute ton élégance et ta délicatesse,

J’aime lorsque la musique te fait danser,

J’aime ton rouge à lèvre rose sur tes lèvres,

J’aime l’été, te voir avec tes tenues roses, jaunes qui colorent ma vie et mes rêves,

J’aime lorsque tu me serres dans tes bras.

La fourmi et la cigale, Vincent Riot-Sarcey

Pour lui, Dylan, Jean-Michel

Il est celui pour qui je vis,

À mes yeux, rien n’est plus important,

Que de rendre hommage à cet Ami

Dont la seule évocation, me rend larmoyant,

Nous avons vécu tant de choses,

Douleurs, fièvres intenses, et psychoses,

Parfois, terreur, il m’arrive de me demander

Ce que je deviendrais, si tu choisissais de t’en aller …

Nous aimons partager, fugaces instants,

Telle des images figées, des silences saisissants,

Pas un jour ne passe, sans une pensée à ton égard,

Oh je rêve ! de grandir encore, dans la lumière de ton regard !

Ils nous pensent amis, mais ne se doutent pas,

Que je suis en sursis, et sans ton odeur, ne respire pas,

Écris moi je t’en prie, car tant de temps sans nouvelles,

Torture mon esprit, tandis que mon existence se morcelle,

À travers ma poésie, je souhaite rendre le plus bel hommage,

À toi, Oh Dylan !, qui me préserve de sombres rivages,

Sommes-nous à ce point liés, que l’on peut se passer de mots ;

Partager au monde entier cette relation unique ?, rien de plus beau.

Façon “à la poursuite d’une pensée”, Anonyme

J’ai passé deux jours sans toucher au pc ; pas envie de jouer, pas assez d’énergie, besoin d’air … Mais j’avais quelques paroles qui me trottaient dans un coin de la tête ; une rime, un questionnement … Écrire donc.

A vrai dire je ne sais pas trop pourquoi je suis de retour ; la lumière bleue de l’écran me brûle les yeux et fait vriller mon cerveau. Mais bon, faut savoir que parfois, au détour d’un texte, il y a matière à partager.

Je me sens un peu entre deux états, c’est soit de la fatigue physique, soit une fuite cérébrale. Prenons l’image d’une vidéo pour mieux comprendre ! Lorsque l’on visionne un média via une connexion internet (on pourrait dire une vidéo youtube, mais askip faire des placements de produits c’est mal vu !) défaillante, l’image saccade, on a ce que l’on appelle des « freeze », des « drops ». Eh bien ici c’est un peu comme ça que ça se passe. Si l’on reste dans notre métaphore, on a une impression de mouvement, car on le sait, une vidéo est une succession d’images assemblées bout à bout de manière accélérée. Comme le cheval qui galope, si vous avez la référence. Que se passe-t-il donc en cas de drop ?

Tout simplement, on perçoit le mouvement, mais ça saccade, il faut du temps pour charger les images. Voilà la base. On a donc un aspect « psychologique » du problème.

On repart avec notre vidéo ; levez la main si vous vous énervez lorsque votre épisode ou votre film saccade et sa diffusion n’est pas fluide ? Lorsque l’on s’énerve, on peut avoir quelques symptômes physiques, comme une rougeur des joues, une vague de chaleur et de transpiration. Avec nos drops cérébraux c’est un peu le même principe : tout d’abord, on a une perception visuelle altérée, puis passe cet éclair, cette petite sensation physique qui nous traverse de bout en bout. Cela me fait penser à l’expression « la moutarde me monte au nez », mais ici ce n’est pas seulement localisé autour de la zone défaillante. J’ai la sensation lorsque je drop de ressentir en même temps un minuscule courant électrique, qui part de mon cerveau, et arrive jusque dans mes jambes. Et cela me créé des sensations physiques du style « pendant une seconde, j’ai cru que mon genou était rempli d’eau, ou qu’il avait enflé ». Je n’ai pas l’explication à ce phénomène, mais j’ai pu remarquer dans cette manifestation récurrente (pas ressenti depuis plus de six mois, mais ça peut durer longtemps étant donné qu’il n’y a aucun moyen de soulager cet état), que le mental était en relation étroite avec le physique.

Quelques exemples :
• J’ai des drops donc je ne contrôle pas bien mon corps, car si l’on mentionne cet espèce de courant électriques, mes jambes sont comme deux gigantesques électrons libres
• J’ai des drops donc mes yeux perçoivent une réalité altérée, ce qui me fatigue physiquement ; j’ai besoin de passer du temps à me reposer durant la journée.
• J’ai des drops donc j’ai une altération du systèmes digestif ; quand le cerveau est déréglé, il envoie je suppose des messages erronés dans tout le reste de la machine. Mais rassurez-vous, quand tout se remet en place, ce n’est qu’un mauvais souvenir !

Mes conseils de base pour survivre :
• Ne pas courir ! Personnellement j’ai du mal à tenir droite lorsque ces manifestation sont très fortes, alors courir c’est prendre le risque de se casser la figure.
• Contrairement à ce que j’ai pu espérer au départ, être assis ou allongé ne change pas grand-chose, c’est vraiment le mouvement qui va provoquer le phénomène. On peut donc tout à fait se promener tranquillement tant qu’on ne tourne pas la tête trop brusquement.
• Et puis au pire, prenez 48h pour être le plus invivable possible ; selon le principe de « faute avouée à moitié pardonnée », si vous partagez ces sensations désagréables et que vous cassez les pieds à tout le monde, ça ne changera strictement rien, mais au moins vous serez plusieurs à souffrir ! (Bien entendu je plaisante, je suis fatiguée donc je raconte n’importe quoi !)

J’ai tenté d’être le plus claire possible, ce n’est pas toujours évident de vulgariser quelque chose d’aussi abstrait qu’un symptôme. Je vous laisse sur une pensée extrêmement inspirante « La vie c’est de la merde, mais avec cette merde on embellit la Nature ! »

Je m’excuse également s’il y a des coquilles dans le texte, je ne me sens pas le courage de tout relire !

Prenez soin de vous !

Petite chanson pour accompagner cet instant philosophique : Right Left Wrong de Three Days Grace, avec notamment cette parole du refrain « I don’t know where I’m going, but I just keep moving on »

Docteur Covidus, Vincent Riot-Sarcey

Jean-Michel

Il pourrait faire si chaud,

Si le vent glacial ne me brûlait la peau,

Je marche quand même, je n’ai pas peur,

Les dix mille pas ca prend moins de deux heures,

Mon corps va fêter ses 90 ans,

J’ai mal partout c’est pas marrant,

Mais maintenant, on peut reprendre le sport,

Enfile tes baskets, tout le monde dehors !

Viens pas te plaindre de tes courbatures,

Marcher 130 kilomètres n’est pas une sinécure,

Enjoy, profite, il fait beau,

Bientôt la saison de se tremper dans l’eau !

La cigale et la fourmi, version 2021. Audrey

La cigale, n’ayant pas respecter les gestes barrières

Tout l’été,

Se trouva fort malade

Quand fut interdite toute balade.

Pas un seul féculent

Ni même un petit condiment.

Elle s’en alla chez sa voisine, la Fourmi,

Car elle avait oublié sa provision de riz

Et sans attestation,

Elle risquait une arrestation !

« Je vous paierais, lui promit-elle,

Par liquide ou par virement

Donnez-moi le nom de votre banque et je le fais certainement. »

La fourmi n’était pas prêteuse

Et se méfiait de la potentielle contagieuse.

« Que faisiez-vous quand l’annonce a été faite ?
Demanda-t-elle, pas folle la guêpe.

« Ma foi, je profitais du temps qu’il me restait

Et je ne pensais qu’à manger des crêpe. »

« Vous mangiez ? Oh, quel soulagement !

Et bien, il vous reste assez de gras pour passer le confinement ! »

Lui claquant la porte au nez, s’en alla s’enfermée.

La légende raconte que la fourmi, toute effrayée

Passa tout le reste de ses journées à se laver

Mais cela ne nous regarde pas, je ne fais qu’affabuler.

Je t’aime. Audrey

En ouvrant ma boîte aux lettres ce jour-là, je fus surprise de découvrir cette lettre. Il n’y avait pas d’adresse d’expéditeur ni indices de l’envoyeur, juste écrit « je t’aime ». Je l’ouvris, un sourire aux lèvres, croyant que j’avais un admirateur secret. Ma surprise fut grande mais mon sourire ne disparut pas pour autant. Merci à toi de cette bonne et agréable surprise.

Chère toi,

Tu ne me connais pas et je souhaite garder l’anonymat.

Je ne veux pas te faire perdre ton temps ni ton paquet d’ananas.

Tu ne risque pas de prendre ce que je dis au sérieux

Et à cause de la crise sanitaire, tu ne peux me regarder dans les yeux.

Je suis loin de toi, où que tu sois dans cet Univers

Et peut-être même que ta couleur préférée est le vert.

Ce poème n’a aucun sens sauf peut-être de te faire sourire

Qui sait, peut-être que tu ne vas même pas me lire

Mais je voulais que tu sache une chose très importante

Tu es une personne très omnipotente

Tu as la force de faire ce que tu veux de ta vie

Et tu peux aussi passer la journée dans ton lit

Personne n’a le droit de te juger

Ta famille et tes amis ne doivent que t’encourager.

Crois en toi et aime-toi mais surtout ne décourage pas

Aide-toi et le ciel t’aidera.

Cette phrase est peut-être banale et écrite à la craie

Mais elle n’en reste pas moins vraie.

Tu as certainement dû le deviner

Quelques mots n’étaient utilisés que pour rimer

Mais en les ajoutant tous à la pelle et de façon bohème

Ils ont participer à la création d’un beau poème.

N’oublie pas que je t’aime.

Je t’aime, Zab’

Je t’aime

même quand tu dis que ta couleur préférée c’est le rose alors que je sais que ce n’est pas vrai

même si tu continues à m’énerver…d’ailleurs je risque de ne plus t’aimer …mais rien n’est moins sûr

même quand tu dis je t’aime à contretemps

même de loin

même de près

même à mi-distance

même si……..et bien…… je t’aime quand même

Thématique radio, Zab’

Sons :

guimbarde
basse électro – accoustique
la pluie
une abeille
on vient d’ouvrir une bouteille de vin …le son du vin qui coule dans le premier verre servi…

Thématique radio, MFB

Le covid est arrivé, le confinement s’est imposé, alors, confiture maison a été créé pour rassembler nos vies isolées et créer du lien. C’est un atelier d’écriture se passe chez soi, d’où, « confiture maison ».

Cet atelier qui s’inscrit, dans un cadre précis, a pris une place importante dans nos vies.

Il nous a permis de développer la confiance, l’estime, et, l’affirmation de soi à partir de thèmes d’écriture très simples.

Il nous à permis de développer, d’entretenir nos fonctions cognitives, à savoir : l’attention, la concentration, la mémoire, le souvenir, la logique, le raisonnement, l’écriture, le langage.

Au fil des écritures, le plaisir a pris toute sa place, ainsi que l’envie.

L’atelier de création a ouvert le champ de l’imaginaire, de la représentation, de la liberté, et, de l’autonomie.

L’équipe du CL3R, ainsi que les participant, nous nous rencontrons toutes les huit semaines pour partager nos vécus. Les liens et la relation prennent leur place.

Ensemble, nous avons la force de continuer cette aventure et d’inventer de nouveaux projets. Nous sommes en mouvement.

Charlie

Amer Béton, Charlie

Charlie a voulu partager un film, Amer béton. Voici ce qu’elle en a dit : “Un film d’animation adapté d’un manga. C’est mon film préféré, et j’ai passé tant de temps devant, c’est un peu comme si j’avais vécu dedans !”

Scène d’introduction du film :

Scéne d’ouverture d’Amer Beton (Michael Arias, 2007)
par Axel de Saint-Martin
https://www.youtube.com/watch?v=hCEtyYb1uQ4

Disco Elysium, Charlie

Cette semaine, Charlie a souhaité nous présenter Disco Elysium.

Disco Elysium est un jeu de rôle sur ordinateur, où l’on incarne un flic un peu looser et amnésique qui va devoir résoudre un meurtre sordide dans une ville en proie à la misère économique et sociale. Le monde en lui-même est très intéressant et suffit à faire se démarquer le jeu mais là où je pense qu’il peut résonner avec des personnes schizophrènes, c’est par son système de création de personnage et de dialogue.

Dans la plupart des jeux, les compétences du personnages sont de simples chiffres qui impactent l’agilité, le discours, le maniement des armes etc. (par exemple si un joueur a investi suffisamment points dans la compétence “discours”, un simple indicateur visuel va s’afficher à l’écran lorsqu’un autre personnage est en train de mentir).

Dans Disco Elysium en revanche, les compétences sont des genres de personnages avec des personnalités très différentes, qui s’expriment dans la tête du personnage/joueur et qui interviennent dans les dialogues. Par exemple, la compétence discours est un personnage qui s’exprime de manière très soutenue, et qui va interrompre la discussion si un personnage est en train de mentir, en déclarant “Ne croyez en rien aux vils mensonges de ce triste sire…”. A l’inverse, la compétence “force physique” a une personnalité militariste, et suggère toujours au joueur la solution la plus brutale, et ainsi de suite pour une vingtaine de compétences au total.

Cela crée des scènes de dialogues très intéressantes, où les différentes facettes de la personnalité du joueur s’expriment dans sa tête, et peuvent même se disputer entre elles (par exemple si la compétence Force Physique suggère de menacer un personnage pour lui soutirer des informations, alors que la compétence discours suggère de le convaincre de parler avec des arguments) mais qui sont aussi très proche de ma propre expérience avec la maladie.

Je ne sais pas si il résonnera avec toutes les personnes atteintes de schizophrénie, mais je sais qu’il m’a permis de montrer aux gens autour de moi, ce que ça pouvait être.

La fourmi et la cigale, Vincent Riot-Sarcey

Docteur Covidus, Vincent Riot-Sarcey

Deux filles dans mon lit, Vincent Riot-Sarcey

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